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Mahmoud Messaadi 1911 - 2004

Né à Tazarka le 28 janvier 1911, Mahmoud Messaâdi est l'une des figures les plus marquantes de la littérature arabe contemporaine, parmi ses ouvrages "Essodd", le barrage, et "Haddatha abou Hurayra, Kal".
Parution des œuvres complètes
de Mahmoud Messaâdi en début de l'année 2004.

Une édition élégante, en quatre volumes de grand format :

Publiées aux Editions du Sud à Tunis, sous l’égide du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs, dans le cadre de la collection «Les ouvrages de référence».

Cette publication, présentée et commentée par le chercheur et universitaire Mahmoud Tarchouna, vient enrichir la liste des auteurs concernés jusqu’ici par cette collection.

Les œuvres complètes de Messaâdi sont parues dans une édition élégante, en quatre volumes de grand format.

Le premier volume (478 pages) comporte les principaux romans de Messaâdi: Essoud (Le barrage), Haddatha Abou Houraïra, Maouled Ennisyène et Min Ayem Omran, outre deux nouvelles: El Moussafer (Le voyageur) et Sindabad wa Attahara (Sindabad et la pureté), ainsi qu’une pièce de théâtre en un acte, intitulée Bi Dhahar Kairouan et une annexe comprenant les essais et mémoires universitaires portant sur la littérature de Messaâdi.

Le deuxième volume (446 pages) est consacré à deux livres: Tassilen Li Kiyan, comportant des articles et des conférences traitant de la littérature, de la philosophie et de la politique et El Ikaâ fi essajaâ el arabi, une étude sur les caractéristiques d’essajaâ (prose rythmée).

Une carrière littéraire, professionnelle et politique.

Quant au troisième volume (445 pages), il comprend des articles publiés par l’écrivain dans El Mabaheth, El Fikr et dans les revues de la Sadiki et El Hidaya, ainsi que dans les annales de l’Université tunisienne, outre des interviews radiophoniques et télévisées et quatre lettres adressées par Messaâdi à Taha Hussein à la fin des années 40 du siècle passé.

Le quatrième volume, écrit en français, contient le livre El Ikaâ fi essajaâ el arabi et des articles, conférences, débats et introductions ainsi que trois textes: El Moussafer (Le Voyageur), Essendabad wa Attahara et Erricha attaiha (La plume égarée).

Dans sa préface, Mahmoud Tarchouna évoque la carrière littéraire, professionnelle et politique de Messaâdi, mettant l’accent sur son rôle en tant qu’éducateur et réformateur de l’enseignement, puisqu’il a exercé la fonction de ministre de l’Education de 1958 à 1968, période au cours de laquelle il a mis au point le premier projet éducatif national de la Tunisie indépendante.

L’œuvre de Messaâdi exalte la volonté, l’action et le militantisme.

Mahmoud Messadi, un Sisyphe à l'image de Ghaïlène



"La littérature ne peut être que tragédie, sinon rien".

Par cette boutade, l'auteur du "barrage" Assud) a résumé sa conception sur cette complexité de la vie de l'être face aux aléas et aux multiples difficultés qu'il est susceptible de rencontrer.

La tragédie réside dans la perplexité de chacun face à un ensemble d'éléments qui contribuent du reste à la formation de sa personnalité et de son caractère,
et déterminent la trajectoire qu'il suit, tantôt contraint et forcé, et tantôt de son propre gré.

Cependant, tout s'avère relatif éphémère et tributaire de facteurs pouvant changer pour aboutir parfois à des contradictions ou des contre-vérités.

Mahmoud Messadi a été conscient de la complexité de l'existence dès sa tendre jeunesse, et dès ses premiers écrits où il exprime clairement cette crise existentielle qu'il vit parfois très mal, mais qu'il assume pleinement.

Dans toutes ses œuvres on retrouve cette tragédie de la vie, dont l'existence a conditionné la conscience. Sa littérature est donc existentialiste. Marxiste, en quelque sorte.

Né quelque vingt ans après l'occupation française (1911), il prit conscience très tôt de cette ambiance de sévices et d'exactions qu'endurait le peuple tunisien de la part des autorités coloniales.

A Tazarka, son village natal il sentait à 25 ans un spleen n'ayant rien à voir avec celui de Beaudelaire à Paris . Celui de Tazarka était dû à une certaine morosité et tristesse des villageois aux droits violés et aux libertés entravées.

On peut le constater à travers une lettre qu'avait adressée Messadi à Hédi Nouira qui poursuivait ses études de droit à Paris à l'époque.

Cette lettre datée du 31 juillet 1934 est mentionnée dans un ouvrage en langue arabe du militant Habib Nouira intitulé :"Dans la tempête de mes souvenirs".

On peut remarquer tout d'abord que déjà à l'âge de 25 ans Messadi écrivait dans un style choyé de la littérature arabe digne d'un grand homme de lettres.

Par ailleurs, et c'est le plus important, il relatait à son ami, les différents problèmes qu'il rencontrait, alors qu'il était de surcroît malade.

Le spleen de Tazarka
"La maladie m'a particulièrement terrassé surtout par les souffrances dûes à mes rhumatismes... elle m'a laissé comme un tas de cendre qui peut être détruit au gré des vents.

... Quant en ce qui te concerne j'ai de bons échos, étant tel que je l'ai appris dans les jardins de l'Eden avec des rivières qui coulent à flots, des oiseaux qui chantent et des fruits de toutes sortes à ta portée.

Vis donc ta belle vie, et laisse moi aux montagnes désertes et rocailleuses, et à la sécheresse et la canicule ... dans ce village maudit !".

C'était justement ce "village maudit" qu'il aimait tant, qui avait animé en lui ce désir ardent de se battre tant par sa plume que par son action militante et syndicale.

Sa littérature est pleinement existentialiste à la manière de Sartre plus que de celle de Camus.

Dans "Hadatha Abou Hourayra" l'amour de la vie est de mise. Il est pleinement assumé par Abou Hourayra quand il est spontané et non sur commande ou pour la parade.

Le sisyphe de camus est plutôt résigné à se complaire dans une situation à laquelle il finit par s'habituer mais sans aller plus loin. "Il faut imaginer sisyphe heureux" car il est peut être satisfait de son sort étant appelé à soulever sans cesse un rocher qui retombe une fois arrivé au sommet de la montagne.

Un sisyphe triomphant

Quant au sysiphe de Messadi, qui n'est autre que Ghaïlène, personnage de son chef-d'œuvre "Assud", il finit par triompher grâce à sa ferme résolution pour arriver au but qu'il s'était fixé :

construire coûte que coûte le barrage. Ni les difficultés qui se présentaient à lui, ni même les découragements de son épouse Meïmouna n'ont pu l'en dissuader. Et il finit par avoir le dernier mot.

Une vraie leçon d'endurance. Avec Messadi sisyphe doit être heureux et le combat est à ce titre. C'est le combat pour la vie, et non pour la survie.

C'est ce qui ressort à travers toute la littérature de Mahmoud Messadi qui ne croit ni au surhomme de Nietzsche, ni à l'homme résigné de Camus.

A chacun sa crise existentielle, qui ne peut être surmontée que par le combat. Ce qui n'empêche pas de profiter des plaisirs de la vie quand ils se présentent.

A l'image de Ghaïlène, Messadi a mené une vie de combat sur tous les fronts.

Militant politique et syndical, il fut à l'aube de l'indépendance, appelé à occuper des postes de responsabilité, dont celui de ministre de l'Education nationale.

Il fut également président de l'assemblée nationale (actuellement chambre des députés).
Il sut mener chaque tâche qui lui fut confiée avec confiance et abnégation.

Il ne manquait pas par ailleurs, de facéties du goût d'un intellectuel qui n'hésitait pas à croquer la vie à pleines dents chaque fois que se présentait l'occasion.

Il ne s'est jamais arrêté de cogiter, ni d'écrire.

Il notait ses idées sur n'importe quel bout de papier factures d'électricité, de téléphone etc...

Mourir pour lui, c'est s'arrêter de penser. Mort le 15 décembre 2004 à 23 h, son souvenir restera à jamais vivant à travers ses œuvres dont on ne finira jamais de découvrir des idées nouvelles et d'autres facettes de Ghaïlène, un Sisyphe bouillonnant et complexe, mais à jamais déterminé à réaliser les buts qu'il s'était fixés.

Ahmed YOUNES
Journal Le Temps du 12 décembre 2007


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