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Monsieur le Ministre Dali Jazi 1942 - 2007

M. Dali JAZI est né le 7 Décembre 1942 à Nabeul.
Il est Docteur d’Etat en Droit Public et Professeur agrégé de Droit Public et de Sciences Politiques à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis.

Membre du Néo-Destour et de l’Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) en 1962, Monsieur Dali Jazi quitte le Parti au pouvoir, devenu entre temps le Parti Socialiste Destourien (PSD), en 1971.
Il a participé à la création du Mouvement des Démocrates Socialistes (MDS) au sein duquel il a assumé les fonctions de Secrétaire Général Adjoint chargé des relations extérieures (1978-1988).
Après le Changement du 7 novembre 1987, M. Jazi s’inscrit résolument dans l’action du Président Ben Ali.
Il a occupé plusieurs postes de responsabilité, notamment Ministre de l’Enseignement Supérieur (novembre 1994-novembre 1999) avant d’être nommé Ministre Délégué auprès du Premier Ministre, chargé des Droits de l’Homme, de la Communication et des Relations avec la Chambre des Députés. (novembre 1999-avril 2000).
Il a été aussi Ministre de la Défense Nationale (janvier 2001-novembre 2004).
En août 2005, Monsieur Dali Jazi a été nommé Président du Conseil Economique et Social avec rang de Ministre.
M. Dali Jazi a, en outre, été ambassadeur de Tunisie en Autriche et en Hongrie, et auprès d’organismes des Nations unies, à l’instar de l’Agence internationale de l’énergie atomique et de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel à Vienne.

Il a été décoré du grand cordon de l’Ordre de la République et des insignes de grand officier de l’Ordre du 7-Novembre.
Décédé le vendredi 9 mars 2007, à l’âge de 65 ans, des suites d’une longue maladie.
Carnet de condoléances

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Dali Jazi : La Tunisie et la modernité, de Bourguiba à Ben Ali


Il n’est pas aisé de faire dans une interview le bilan de cinquante ans d’indépendance. Mais le président du Conseil Economique et Social, Monsieur Dali Jazi, a plus d’une corde à son arc.
Homme politique de premier plan —dans l’opposition et au gouvernement—, juriste et politologue de profession, Dali Jazi fait ressortir la quintescence des grandes réformes et les faiblesses aussi, de la Tunisie de ces cinquante dernières années. Le fil rouge étant toujours la modernité tant rêvée et ensuite servie par les militants et les dirigeants de la Tunisie indépendante.

Jeune adolescent, quels souvenirs gardez-vous de la marche de la Tunisie vers l’Indépendance?

A l’indépendance du pays, j’étais un jeune adolescent. Etant né dans un milieu familial culturellement ouvert d’esprit et sensible au patriotisme, j’ai beaucoup de souvenirs de cette époque qui avait représenté énormément pour moi, ma famille et tous les Tunisiens, qui attendaient de l’Indépendance un climat politique nouveau, mais surtout un développement du pays qui allait permettre la réalisation de toutes ces espérances accumulées par des années de combat.

L’un de mes souvenirs politiques les plus marquants a été la mort de Moncef Bey. J’ai le souvenir très précis de mon père dans un grand état d’excitation. Il était venu à Tunis pour assister à ses funérailles et à son retour à Nabeul il n’a cessé de nous parler de ces funérailles extraordinaires et du Bey martyr et populaire qu’a été Moncef Bey. Il y a bien sûr aussi le retour de Bourguiba, tout à fait exceptionnel. L’acte fondateur de l’Indépendance a été certes signé le 20 mars 1956 mais la manifestation populaire de l’Indépendance tunisienne a été, sans conteste, le retour de Bourguiba le 1er juin 1955.

De ce point de vue-là, je considère, cinquante ans après, que ceux qui ont mené la Tunisie dans la lutte nationale, dans la conclusion de l’Indépendance et la reconstruction de l’Etat tunisien, n’ont pas déçu. Le mouvement destourien a été une école de pensée, de formation du sentiment patriotique et un cadre d’enracinement de la jeunesse tunisienne dans son histoire et son patrimoine.

Notre pays est situé au point de resserrement de la Méditerranée entre l’Afrique et l’Europe, entre l’Est et l’Ouest. Cette position géographique nous a donné une histoire de trois mille ans particulièrement brillante. Notre pays a fait une grande partie de l’histoire de la Méditerranée.

C’est pour cela que nous avons toujours eu un grand rayonnement en Afrique et dans le Monde arabe.

Plus généralement, comment analysez-vous aujourd’hui les conditions historiques et politiques qui ont permis l’avènement de l’Indépendance?

La Tunisie a obtenu son Indépendance le 20 mars 1956. Permettez-moi de vous dire que ce n’était pas le fruit du hasard. Déjà en 1881, quand la France a envahi la Tunisie, il s’est développé une résistance armée à Gabès, à Sfax, dans les zones tribales à la frontière algérienne. Il y a eu une résistance politique et intellectuelle à l’occupation française dès 1891, notamment par le combat d’un grand intellectuel et d’un père du nationalisme tunisien comme le fut Ali Bach Hamba.

En Tunisie, en fin de compte, rien n’a jamais été extrême. Il y a eu une résistance armée, un combat politique, mais tout s’est fait dans la modération ou d’une façon épisodique. Tout cela constitue les sources de l’Indépendance de la Tunisie. Le contexte international avait, aussi, beaucoup aidé à cela. Après la deuxième guerre mondiale, la Charte des Nations Unies, créées en 1945, et la Déclaration universelle des Droits de l’Homme en 1948 avaient posé des principes nouveaux.

Le Président des Etats-Unis, Wilson, avait fait des promesses au monde qui avaient fait naître l’espoir dans tous les pays soumis à la domination étrangère. Le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes a été un nouveau ressort qui a permis à la lutte de libération nationale de reprendre un nouveau souffle. La France, elle-même, avait contribué de façon indirecte à l’Indépendance de la Tunisie. La France de la Quatrième République était une France malade. Les gouvernements duraient ce que durent les roses, l’espace d’un matin.

Quels impacts sur la Tunisie?

Le développement de cette instabilité dans la vie politique française ne pouvait pas ne pas avoir d’effets sur les pays soumis à son protectorat. La France a aussi subi de grands revers militaires en Indochine, notamment avec la défaite de Dien Bien Phu, ce qui a amené un homme particulièrement génial dans l’histoire de la vie politique française, Pierre Mendès France, après avoir conclu à Genève la paix avec l’Indochine, à venir rapidement à Tunis prononcer un discours devant Lamine Bey le 31 juillet 1954, pour proclamer le droit de la Tunisie à l’autonomie. A ce moment-là l’histoire s’était accélérée : l’autonomie interne, le 3 juin 1955, et l’Indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956. Hélas ces années-là ont été marquées par un conflit interne à la Tunisie et plus précisément encore au Néo-Destour. Il y avait ceux qui considéraient l’autonomie interne comme un pas en arrière et ceux qui considéraient que c’était un pas en avant vers l’Indépendance totale. Il y a eu, en fin de compte, le grand déchirement entre Bourguiba et Ben Youssef dans une lutte, sans merci, pour la prise du pouvoir. Ce conflit a laissé de grandes traces qui n’ont été définitivement effacées, à mon sens, qu’après le 7 novembre 1987, quand le Président Ben Ali a réhabilité Ben Youssef et les Yousséfistes et l’a décoré, à titre posthume, du Grand Cordon de l’Ordre de l’Indépendance et fait rapatrier sa dépouille pour l’enterrer dans le carré des martyrs. Il a permis à d’autres militants en exil de finir leurs jours en Tunisie...

Enfin, comment ne pas évoquer avec respect la mémoire de Tahar Ben Ammar, Premier ministre, Mongi Slim et Si Laziz Jellouli, ministres d’Etat. Ce furent les acteurs de la dernière heure et de très grands patriotes. L’Indépendance de la Tunisie, c’est aussi le courage de Moncef Bey, roi-martyr de la cause nationale. C’est également l’inlassable dévouement patriotique de son Premier ministre, Si M’hamed Chenik. Car, il ne faut pas l’oublier, le moncéfisme a été une composante du nationalisme qui a évité la marginalisation du Néo-destour au temps de la répression. L’Indépendance, c’est enfin les mémoires de Pierre Mendès France et d’Alain Savary qui ont eu une brillante vision post-coloniale et une grande amitié pour la Tunisie. Pour ces deux-là, le Néo-Destour et Bourguiba ont toujours eu un profond respect.

Que retiendra l’histoire, selon vous, de ce demi-siècle d’Indépendance?

Cinquante ans après, on peut analyser les choses autrement, au-delà des souvenirs personnels.

Je voudrais, en tant que politologue et juriste, faire un peu abstraction de mes engagements personnels pour essayer d’analyser ces cinquante ans.

Que voulez-vous dire par engagement personnel?

Je suis entré au parti Néo-Destour en 1963. Je l’ai quitté en 1971 à la suite du Congrès de Monastir. Quelques années après, en 1978, j’ai fait partie du groupe fondateur du Mouvement des Démocrates Socialistes. Nous avions jugé que le régime de Bourguiba était en train de dévier de tout ce qui avait constitué les principes du Néo-Destour et des principes du mouvement culturel et politique qu’a été le Destour. La situation politique du pays s’est gravement dégradée. Après le 7 novembre 1987, j’ai fait partie de ceux qui ont considéré que le Président Ben Ali, dans sa Déclaration du 7 Novembre, a réhabilité toutes les revendications qui étaient les miennes et tous les principes auxquels j’étais attaché. On était à la veille d’une ère nouvelle qui allait apporter des réponses à nos angoisses des dix-sept dernières années, de 1970 à 1987. J’ai trouvé qu’il était tout à fait naturel de me joindre au Président Ben Ali, puis au RCD, pour faire partie de cette évolution. Cela est mon engagement personnel. Mais, par delà cela, je suis politologue et juriste de profession. J’ai été pendant dix-neuf ans professeur agrégé de droit public. J’ai le plaisir de voir que beaucoup de nos ministres, ambassadeurs et hauts cadres ont été, par le fruit du hasard, mes anciens étudiants. Alors je me dois d’avoir un peu de recul pour analyser ces cinquante dernières années.

Que doit-on retenir de ces trentes première années ?

Les trente premières années de l’Indépendance ont été caractérisées par trois facteurs positifs essentiels dont nous vivons encore aujourd’hui les bienfaits.

En 1958, le Président Bourguiba avait décidé, avec une pléiade de hauts cadres, du ministère de l’Education nationale, tous d’anciens Sadikiens (ce qui souligne encore le rôle du Collège Sadiki dans l’histoire de la Tunisie depuis sa création en 1875) de créer un système éducatif généralisé, à la fois ouvert aux garçons et aux filles dès l’âge de six ans.

De 1958 à nos jours, cela a incontestablement ouvert des portes extraordinaires devant la soif des jeunes Tunisiens et de leurs familles d’accéder à l’éducation.

Cet effort de scolarisation a permis de réaliser la profonde aspiration des Tunisiens à l’éducation et de doter le pays des cadres dont il avait besoin. Ainsi, la Tunisie peut se prévaloir, aujourd’hui d’avoir 99,99% de ses enfants scolarisés, de façon quasi- égale pour les enfants des deux sexes.

Le deuxième facteur a été ce que l’on appelle communément la libération de la femme par l’adoption d’un Code du Statut Personnel réellement révolutionnaire et la mise en place d’une politique de planification familiale audacieuse.

En fin de compte, le 13 août 1956, moins de cinq mois après la conclusion de l’Indépendance de la Tunisie, Bourguiba était beaucoup plus pressé de réformer la société que de réformer le système politique. Une monarchie qui avait 250 ans et 19 monarques, mais en fait un seul Bey populaire : Moncef Bey . Vouloir la bousculer et lui substituer une république était en fait une chose aisée. Il lui a semblé, à juste titre, qu’il était plus urgent de s’attaquer à la réforme de la société qu’à celle du système politique.

Ainsi, une des premières mesures prises par l’Etat national renaissant a concerné la condition de la femme. Le nouveau Code du Statut Personnel, ainsi que les textes juridiques qui l’ont complété, ont instauré, pour l’essentiel, l’abrogation de la polygamie, le mariage civil obligatoire, la suppression de la répudiation au profit du divorce par voie judiciaire . Il a introduit des modifications concernant la garde des enfants et la pension alimentaire. Il a ainsi, équilibré le rôle des époux dans la conduite des affaires de la famille. Il a fallu un grand courage politique pour le faire . La preuve : la Tunisie demeure encore, hélas, le seul pays arabe et musulman à avoir un code de cette qualité, qui avait révolutionné à ce moment-là la société et la famille, mais qui aujourd’hui paraît comme une chose tout à faire naturelle dans notre quotidien.

Ce code nouveau a permis à la famille de s’épanouir, notamment par l’adoption d’autres mesures telle qu’une politique de planification familiale et la limitation des indemnités familiales à un nombre d’enfants déterminé pour inciter les familles à s’en tenir à un cadre familial relativement restreint. Si Bourguiba avait attendu plus longtemps, il n’aurait pas pu le faire. S’il avait voulu faire un référendum, il l’aurait perdu.

Un autre dirigeant du Néo-Destour aurait-il pu faire ce qu’a fait Bourguiba ?

Pour le Code du Statut Personnel, je ne le crois pas. Il fallait avoir ce courage politique et cette vision exceptionnels. De plus, le CSP a une histoire qui n’est connue que de quelques initiés. A l’indépendance, Bourguiba est devenu premier ministre en avril 1956. Il avait dans son gouvernement un certain nombre de jeunes, notamment M. Ahmed Mestiri au ministère de la Justice.

Ahmed Mestiri est venu un jour lui parler d’un projet de Code de la famille qui avait été élaboré jadis par le Mufti Abdelaziz Jaïet avec Othman Kaak. Le Cheikh Jaïet n’a pas pu voir aboutir son projet. Quand M. Mestiri a été nommé ministre de la Justice, son oncle, M. Moncef Mestiri, qui appartenait au Vieux Destour, et qui n’était pas en très bons termes avec son neveu parce qu’il faisait partie des jeunes loups du Néo-Destour, était allé quand même le féliciter et lui a remis ce code, élaboré par Cheikh Jaïet, qui n’était, en fin de compte, qu’une compilation des jurisconsultes malékites et hanafites sur le statut de la famille. Il avait demandé à son neveu, si l’occasion lui était donnée, d’essayer de reprendre ce projet de code. Quand Ahmed Mestiri en a parlé à Bourguiba, celui-ci a sauté sur l’occasion et lui a dit : “Mais on va faire un code de la famille”. Si Bourguiba a repris à son compte l’idée d’un code de la famille tel que l’imaginait jadis Cheikh Jaïet, il en a bouleversé tout le contenu et c’est là qu’il s’est mis à définir les axes nouveaux qui ont été ceux du CSP par la suite.

Les rédacteurs du CSP, pendant les jours et les nuits qui ont précédé le 13 août 1956, étaient MM. Ahmed Mestiri et deux magistrats de son cabinet, Hamadi Ben Slama et Mahmoud Annabi.

Sur certains points, et sans divulguer la nature de leur projet, quand ils voulaient vérifier la compatibilité entre le futur code et les dogmes de l’Islam, ils demandaient l’avis du Cheikh Fadhel Ben Achour. Ce qui fait que le CSP, à la minute où nous en parlons, est tout à fait conforme aux règles de l’Islam.

Seulement l’Islam est tellement divers et varié dans les dogmes , les rites et les interprétations des uléma qu’en fin de compte on peut y trouver tout ce qui vous convient, à la condition de savoir ce que vous voulez. Et quand vous savez ce que vous voulez, vous y trouvez la disposition et la justification pour dire que c’est parfaitement conforme à l’Islam. C’est ce qui a été fait pour le CSP. Et il n’y avait que Bourguiba pour avoir le courage politique de le faire.

Et à part la généralisation de l’enseignement et la libéralisation de la femme?

Le troisième facteur, c’est l’enracinement dans la conscience des Tunisiens des valeurs de progrès et de modernité. J’attache beaucoup d’importance à cet aspect des choses, parce que la vie des peuples ne consiste pas seulement à naître et mourir, à recevoir une instruction et travailler. C’est aussi acquérir une formation intellectuelle et spirituelle qui guide leur vie, qui guide leurs pas. En fait ces valeurs de progrès et de modernité, au cours des trente premières années de l’Indépendance, ont constitué l’essentiel du discours politique dominant, véhiculé par une élite au pouvoir issue du prestigieux Collège Sadiki— fondé par Kheireddine à la fin du XIXème siècle— mais élite formée également dans des universités françaises. Ces valeurs ont été au centre d’une éducation sociale qui a donné au pays une élite particulièrement éclairée. Et les choix faits pendant les trente premières années en matière d’éducation, de santé, de culture ont été des choix fondamentaux pour la Tunisie.

Que pensez-vous de la politique religieuse de Bourguiba? Est-il allé trop loin ou pas assez?

Bourguiba a osé. Il a osé combattre, surtout, tous les archaïsmes. Attention, Bourguiba n’a pas combattu l’Islam, mais les archaïsmes qui étaient liés à l’Islam, ou l’utilisation qui a été faite de l’Islam dans la société. Il a combattu le maraboutisme, l’obscurantisme et la violence au nom de l’islam. C’est vrai, Bourguiba a incité les gens, pendant le mois de Ramadan, à ne pas jeûner pour ne pas entraver l’action de développement. Il est peut-être allé un peu loin, mais il n’a jamais forcé personne à manger. L’essentiel était que ceux qui jeûnaient aient la force, par ailleurs, de produire suffisamment pour que l’action de développement continue. Bourguiba n’a jamais démoli une mosquée. Au contraire il ne s’en est jamais autant construit que lorsqu’il était Président de la République. Bourguiba a combattu tous les mythes qui étaient des déviations par rapport au corpus réel de la religion. Laissons ce qu’a fait Bourguiba et parlons d’aujourd’hui.

Mais il n’ y a pas eu que des acquis positifs lors du règne de Bourguiba...

Malheureusement toutes ces réformes fondamentales, de grande portée pour l’avenir du pays, qui ont été d’une perspicacité rare, ne doivent pas occulter l’envers de la médaille.

Culte de la personnalité, pouvoir personnel, parti unique, présidence à vie, procès politiques, intolérance, guerre de succession ont mené le système politique, le grand âge aidant, vers le naufrage. De Gaulle a dit un jour : “La vieillesse est un naufrage”.

Le 7 novembre 1987, le Président Ben Ali, en bon destourien, c’est-à-dire en bon lecteur de la Constitution, a appliqué la disposition qui faisait du Premier ministre le successeur du Président de la République en constatant la vacance du pouvoir.

Quel est l’apport du Président Ben Ali à ce grand mouvement de réformes entamé dès 1956 ?

La première leçon qu’a donnée le Président Ben Ali est une leçon de maturité politique jusque-là inconnue ou refoulée. Cette maturité s’est révélée à l’occasion d’une première succession à la Présidence de la République que tout incitait à craindre. Et c’est dans le respect de la légalité constitutionnelle et avec une rare civilité que le passage à la nouvelle République s’est effectué. Cet épisode récent de notre vie nationale est incontestablement la marque d’un pays qui a de grands acquis de civilisation.

En outre, la Déclaration du 7 Novembre a répondu aux attentes d’une société en quête de changement :Démocratie, pluralisme, Droits de l’Homme, liberté, élections…sont devenus des maîtres-mots du nouveau discours politique, de nouveaux choix de société politique.

Depuis le 7 novembre 1987, ayant été moi-même de très près associé à l’action du Président de la République, je pourrais dire quelles ont été les réformes chocs entreprises par le Président Ben Ali qui resteront dans son œuvre comme n’étant pas moins importantes que celles faites par Bourguiba. En s’additionnant aux trente premières années de Bourguiba, elles font, en fin de compte, les cinquante ans de l’indépendance de la Tunisie.
Je voudrais retenir à l’avantage du Président Ben Ali une idée majeure, c’est celle d’avoir eu le courage de tenir en échec le fondamentalisme religieux et l’action terroriste qui en est souvent l’expression.
Si Bourguiba a eu le courage de promulguer le CSP pour affirmer une modernité et s’opposer à tous les archaïsmes passés de la société, Ben Ali a eu un courage non moins important en s’opposant au fondamentalisme religieux. Il a voulu de cette façon préserver l’essence de l’Islam de toute altération ou utilisation partisane, mais il a voulu aussi sauvegarder la sécurité des personnes et des biens sans laquelle rien ne peut être construit : développement économique et justice sociale pour réaliser la croissance tout en résorbant la pauvreté, la marginalité et l’exclusion ; accès au savoir et à une éducation privilégiant la modération, l’ouverture, la tolérance et l’esprit de juste milieu. Le Président Ben Ali a voulu que le Pouvoir relève du droit et des principes démocratiques et républicains et qu’il ne soit pas dicté a partir des mosquées, comme on était en train de le voir, à ce moment là, un peu partout dans le monde : les mollahs qui gouvernaient en Iran, les Taliban en Afghanistan, les médersas au Pakistan, les jusqu’auboutistes d’Al Azhar et d’ailleurs. Que Ben Ali intervienne pour stopper cette dérive, cela était un acte salutaire.

En quoi réside exactement le danger du fondamentalisme islamique?

Il y a des lectures de l’Islam qui conduisent à la négation même de cette religion. Quand on voit ce qui s’est passé en Algérie pendant dix ans où près de deux cent mille personnes ont été tuées au nom de l’Islam! Ce sont des gens qui, dans une ignorance totale, ont utilisé l’Islam pour commettre le pire banditisme. Le fanatisme que l’on voit s’exprimer en Afghanistan, au Pakistan et dans d’autres pays encore, est-ce qu’il est une application des préceptes religieux? Ce ne sont que de l’intolérance et des conflits d’intérêts liés au pouvoir et à son exercice. Je crois qu’en Tunisie nous sommes d’accord pour considérer que chaque fois que l’on veut utiliser la religion à des fins politiques pour accéder au pouvoir ou pour le conserver, c’est toujours pour conduire au pire obscurantisme et aux pires violences. L’Islam est une croyance, une spiritualité, une civilisation qu’il ne faut pas laisser instrumentaliser par quelques illuminés, ou pis encore beaucoup d’ignorants, pour devenir une arme de combat politique ou une arme tout court pour tuer et massacrer. C’est là la supercherie des multiples mouvances ou chapelles fondamentalistes.

Quelles sont les autres grandes réformes du Président Ben Ali?

J’ajouterais un dernier point à l’actif du Président Ben Ali et non des moindres. C’est d’avoir conclu un accord de libre-échange et de partenariat avec l’Union Européenne.

En apparence, cet accord est surtout de portée économique et douanière. Mais pour ceux qui savent c’était un grand choix de civilisation qui a été fait par le Président Ben Ali. Il a décidé d’armarrer la Tunisie au monde développé et démocratique. C’est un choix capital pour la Tunisie. La mondialisation économique allait nous imposer des partenaires.

Nous avons choisi de nous allier aux démocrates et non aux dictateurs pour que la Tunisie, dans sa progression, aille vers la société démocratique. Nous n’allions pas nous allier à nos frères arabes ou musulmans, à l’autre bout du monde. Qu’avons-nous de commun avec eux par rapport à ce que la civilisation méditerranéenne a pu créer entre nous et l’Europe? La Tunisie, de par sa position géographique, devait être alliée à l’Europe. C’est ce que le Président Ben Ali a eu le courage et la perspicacité de faire.

Quel regard portez-vous sur ces dix-huit dernières années ?

L’œuvre de Ben Ali est considérable. Développement économique, action sociale, infrastructure, environnement, éducation…Tous les domaines ont figuré au chapitre des grandes réformes. Par ailleurs, le pays jouit d’une stabilité et d’une sécurité rares. C’est aussi rassurant pour le citoyen que pour l’investisseur, pour la femme que pour la jeunesse.

L’œuvre de réforme politique de Ben Ali est également fondamentale à court et à moyen termes. Les réformes successives de la Constitution (1988,1997,1998 et 2002), par une sorte d’impressionnisme juridique, ont tenu toutes les promesses de la Déclaration du 7 novembre 1987.

C’est ainsi que la Constitution a :

- garanti les droits fondamentaux de la personne humaine, comme jamais auparavant.

- constitutionnalisé le pluralisme des partis politiques,

- consacré les principes relatifs au statut personnel,

- exclu toute forme de discrimination ou de violence,

- organisé la suprématie de la Constitution et la hiérarchie des lois,

- amélioré la représentation nationale en instituant le bicaméralisme.

Ceci étant, rappelons que le Code électoral réserve, d’office, 20% des sièges de la Chambre des Députés, des Conseils régionaux et des Conseils municipaux aux partis minoritaires.

Toutes les dispositions constitutionnelles relèvent, aujourd’hui, d’une philosophie politique démocratique. La mise en œuvre de ces principes nécessite du temps. Le temps d’apprendre à être tolérant pour être démocrate. Le temps de comprendre la pleine dimension de la citoyenneté. Avec la Constitution d’aujourd’hui, c’est la voie de l’avenir qui est tracée. Le mérite de Ben Ali est de l’avoir fait.

Certains vous diront que les acquis constitutionnels ne sont importants que s’ils sont consolidés dans le vécu des gens.

S’il ne l’avait pas fait, on aurait hurlé à la dictature. Il l’a fait, mais tout le monde n’est pas spontanément démocrate et les gens ont besoin de comprendre et d’apprendre, qu’on soit dans le Pouvoir ou dans l’Opposition, pour arriver au plein épanouissement de la société démocratique.

J’entends dire à droite et à gauche “oui, mais..., la démocratie c’est aussi l’alternance”. Je dis chiche! Encore faut-il, pour que l’alternance soit démocratique, qu’il y ait des gens suffisamment représentatifs, nombreux et démocrates pour accéder au pouvoir et faire jouer l’alternance. Cette alternance viendra peut-être un jour, mais si elle n’arrive pas c’est que les adversaires du RCD n’y seront pas parvenus démocratiquement et si elle arrive c’est peut-être que le RCD n’aurait pas su épouser son siècle et évoluer suffisamment pour répondre aux attentes de nos concitoyens.

Qu’est-ce qui fait la force du Mouvement national depuis Ali Bach Hamba au débat du siècle passé, le Mouvement des Jeunes Tunisiens, le Destour en 1920, le Néo-Destour en 1934 et le RCD en 1988. C’est que le mouvement Destour est d’abord une culture avant d’être une structure qui encadre les masses populaires. Si la culture se renouvelle, il n’y a pas de raison pour que le RCD et la culture destourienne ne continuent pas à présider au développement de la démocratie dans ce pays.

Ne pensez-vous pas que la structure est surdimensionnée par rapport au pays?

Cela veut dire quoi? Il faudrait que le RCD se fasse hara-kiri pour plaire à des partis qui n’ont pas d’adhérents? Il parait qu’il y a en Tunisie quelques militants dans une formation non reconnue et qui se considèrent comme persécutés dans le pays... Qui sont-ils? Ce sont les derniers orphelins d’Enver Hodja. Alors que les Albanais fêtent depuis vingt ans leur libération d’Enver Hodja, nous avons encore en Tunisie des gens qui n’avaient pas vingt ans à ce moment-là et qui sont nostalgiques d’Enver Hodja! C’est à en rire. Je préfère ne pas le croire.

Vous avez des gens qui veulent ramener la Tunisie à ce qu’était la société des cinquante premières années de l’Islam. Est-il encore possible d‘imaginer un saut en arrière de plus de quatorze siècles? Si quelqu’un veut être, un jour, utile à son pays ou à sa propre vie, qu’il épouse d’abord son siècle!
Mais tout le monde n’est pas d’accord avec l’évaluation que vous faites ?

Je respecte ceux qui ne sont pas d’accord, à la condition qu’ils respectent la loi du pays et qu’ils expriment ce désaccord avec un minimum de respect envers les personnes. La démocratie ne se décide pas d’un trait de plume. Il faut des générations qui se transmettent successivement les acquis de la démocratie pour qu’on arrive à son plein épanouissement

Je suis très attaché à l’idée de modernité. Elle implique aussi que les nouvelles générations continuent et corrigent ce que nous avons fait.

L’idée de modernité n’est pas un rejet du passé ou un alignement systématique sur une civilisation donnée. La modernité, c’est adapter les valeurs communes à toute l’humanité et en faire un instrument de progrès, un moyen de bâtir un avenir meilleur à la fois pour l’Homme en tant que tel et pour la société dans laquelle il aspire à vivre.

La modernité est toujours en devenir. Je pense qu’elle progressera avec les nouvelles générations.

J’espère, à la fin de cet entretien, une seule chose : que l’ignorance recule au maximum. Le contraire de l’ignorance n’est pas seulement l’alphabétisation, c’est aussi une intelligence des choses, de la compréhension au sein de la famille, de la vie sociale, du monde professionnel.

L’ignorance est à la base de l’intolérance et celle-ci mène inéluctablement à la violence. Il faut combattre le terrorisme, la violence d’où qu’elle vienne et quelles qu’en soient les causes et les formes. Vous comprendrez pourquoi je tiens toujours à rester l’enseignant du début de ma carrière pour contribuer à faire reculer l’ignorance.

Zyed Krichen Revue Réalités du 23 mars 2006

Adieu l’ami. Par Taïeb Zahar


Dali Jazi vient de nous quitter après un long et courageux combat contre la maladie de près de huit ans. Il laisse en nous et chez tous ceux qui l’ont connu le souvenir d’un homme affable, qui avait le sens de l’amitié et de la fidélité, qui ne perdait jamais espoir et savait le communiquer.
Sa carrière universitaire et politique est connue de tous ; elle fut brillante, et là où il est passé, à la Faculté de Droit et aux différents départements ministériels et tout dernièrement au Conseil Economique et Social, il a fait preuve d’une grande compétence, d’un sens élevé du dialogue et de l’humain. A ce niveau, son bilan est éloquent. Je voudrais, dans ces quelques lignes, évoquer l’ami et l’homme.
Je le fais par devoir d’amitié et de reconnaissance. Je peux m’honorer d’avoir été un ami de Dali Jazi dont j’ai pu mesurer les qualités indéniables de sincérité et de fidélité. J’en garde un souvenir impérissable. Cette amitié a rejailli sur Réalités. Le disparu était un grand ami de notre journal auquel il a toujours apporté —surtout dans les moments difficiles où les amis se font rares— son soutien actif et toute l’équipe de Réalités ne l’oubliera pas.
Il avait fait le choix de Réalités pour annoncer publiquement son adhésion au RCD en 1989. Il nous a également réservé son dernier « Appel aux femmes », article de presse consacré aux femmes le 13 août dernier. Les femmes qu’il respectait et qu’il aimait par-dessus tout. D’ailleurs elles le lui ont bien rendu puisqu’elles étaient très nombreuses à venir lui rendre un dernier hommage au cimetière de Sidi Abdelaziz, samedi dernier. En tant que Président du Conseil Economique et Social, il a été partenaire du dernier Forum de Réalités consacré aux «Relations euroméditerranéennes et la mondialisation » où sa prestation fut brillantissime. Il serait fastidieux d’énumérer tous les articles de Dali Jazi tout au long des vingt-huit années d’existence de notre journal. Ses contributions dans Réalités ont toujours été d’un grand intérêt pour le débat d’idées.
Je voudrais également évoquer l’homme. D’abord l’homme de conviction. Dali Jazi n’a jamais failli à ses convictions et à ses engagements. Il a eu le courage, avec quelques rares jeunes militants du Parti Socialiste Destourien, d’adhérer pleinement au courant qui militait pour plus de démocratie en son sein, puis de le quitter pour fonder un autre parti, le M.D.S. Il a également été, à une époque où le parti unique accaparait et dominait tous les champs de la vie publique, l’un des fondateurs de la Ligue des Droits de l’Homme, à laquelle il a su insuffler sa foi, son courage et sa ténacité. Dali Jazi était l’homme des positions courageuses ; il n’a jamais caché la vérité ou, du moins, ce qui lui semblait être la vérité, ni couru derrière les honneurs. Certains de ceux dont il avait partagé les idées à une période de sa vie lui ont parfois reproché ses « ralliements ». En fait, en homme politique, il était en quelque sorte contraint au compromis, mais jamais il n’a été tenté par les compromissions et il savait qu’il fallait en payer le prix. Il n’a d’ailleurs jamais renié ses anciens camarades.
Tel fut Dali Jazi qui vient de nous quitter. A sa veuve, Zeyneb, à ses enfants, Neïla et Abdelmajid, à son frère Si Radhi, à toute sa famille, nous présentons nos sincères condoléances, son souvenir restera vivant en nous.
Revue Réalités du 15 mars 2007

L’ami, le frère s’est éteint . Par Faïza Kéfi



Il aura mené son combat jusqu’au bout, sans jamais se départir de sa superbe ni de son sens de l’humour. Jusqu’au bout il aura été attentif aux évènements de son pays et du monde et à l’écoute de ses amis et de ses plus proches.
Ayant eu, grâce à la bienveillance de son épouse, le triste, mais bien précieux privilège de l’avoir vu avant le jour fatidique, il m’a soufflé, mi-interrogatif, mi-affirmatif « Tu te souviendras de tout ? ». Avait –il le moindre doute ? Comment oublier Dali Jazi, cet homme si attachant qui joignait l’élégance du geste à la finesse – je devrais dire à la prouesse du verbe, qui ne savait pas refuser son aide quand on le sollicitait, qui n’épargnait ni son temps ni ses efforts pour verser ses opinions et idées aux débats auxquels il était souvent invité.

Comment oublier ce grand Monsieur que j’ai côtoyé durant près de vingt ans, que j’ai vu déployant tout son art et son pouvoir de conviction à la concrétisation des grandes ambitions de la Tunisie et qui a tenu à m’associer aux nombreux projets qui lui tenaient à cœur et devenus pour lui autant de défis à relever absolument : la réforme des structures hospitalières, la rénovation universitaire, la restructuration de la Cour des Comptes, la formation professionnelle, pour ne citer que ces quelques exemples. Ministre de l’ère du Changement, il s’investissait dans ses dossiers, fort de la confiance placée en lui par le Président Ben Ali, heureux de pouvoir agir et servir avec probité et une haute conscience du devoir. Il détestait les opportunistes, les flatteurs et les profiteurs et se plaisait à en bousculer: quelques-uns. Il aimait très certainement les honheurs mais sûrement pas l’argent facile.
Son capital ? Ses amitiés aussi nombreuses que diverses , tunisiennes ou d’ailleurs et qu’il n’a pas manqué d’appeler à la rescousse et de gagner à la cause de son pays.
Son dada ? Le dialogue des cultures et des religions. Quelle fierté était la sienne lors du succès de la première rencontre scientifique sur l’histoire de la communauté juive de Tunisie, qui pourtant lui avait valu les critiques acerbes de certains. Il rejetait les amalgames qui mettaient, selon lui, en danger les valeurs ancrées profondément en nous de tolérance, de respect de l’autre, d’ouverture.
Son credo ? Les femmes. Il voyait en elles, avant tout, intelligence et compétence. Il était totalement solidaire de leur lutte et toutes les occasions étaient bonnes pour lui de leur rappeler que des hommes courageux avaient défié leur époque pour défendre leur cause et qu’il fallait profiter de cette chance unique que nous avions, nous Tunisiennes, de pouvoir compter sur une volonté politique claire et ferme en faveur de l’égalité et de la promotion des droits des femmes.
Ce n’est pas sans une profonde émotion que j’ai relu dans les colonnes de « Réalités », le vibrant appel qu’il nous a lancé du haut de la tribune du CREDIF, au mois d’août dernier, nous invitant à nous engager économiquement, socialement et politiquement de manière plus résolue. Sa voix, déjà légèrement affectée par la maladie, n’en avait pas moins retenti largement dans les différentes sphères de l’opinion publique, contribuant ainsi à éveiller les consciences, féminines notamment, aux enjeux de l’heure.
Alors, comment pourrais-je jamais oublier cette voix des dernières recommandations, moi qui ai reçu tant de marques de gentillesse, de respect, d’encouragement et de soutien ?
Que mon amie Zeïneb Jazi et ses enfants, Abdelmagid et Neïla, veuillent bien accepter de me faire partager un petit bout de leur peine et me permettre de leur rendre toutes les «délicatesses» dont leur défunt époux et père m’avait si généreusement gratifiée.
Revue Réalités du 26 avril 2007

L’homme exceptionnel. Par Frédéric Mitterrand


Je ne peux me résoudre à l'idée que mon ami Dali Jazi est mort. C'était un homme exceptionnel, bon, intelligent et généreux; d'une ouverture d'esprit et d'une fidélité extraordinaires. Patriote, il a consacré toutes ses qualités à l'édification de la Tunisie d'aujourd'hui. Citoyen du monde il a servi toutes les idées qui concourent à surmonter les barrières entre les hommes et les cultures. Francophile, il n'a jamais oublié ses années d'étudiant à Paris et ce message universaliste de la République, hélas dédaigné maintenant par tant de Français. Revue Réalités du 26 avril 2007




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